Un projet de
dépollution de Oum Errabie sera lancé prochainement avec le financement de la
Banque mondiale, pour un coût estimé entre 500 et 600 millions de dhs.
Initié
par l'Office national de l'eau potable (ONEP), ce projet a été au centre d'une
visite, effectuée récemment dans la région de Tadla-Azilal par des experts de la
Banque mondiale.
Le projet porte sur la réalisation d'une station de traitement des eaux usées au
profit de sept centres du bassin hydraulique de Oum Errabie, suite à une requête
du gouvernement marocain dans le cadre du programme d'appui pluriannuel et plus
particulièrement "le projet de sauvegarde des ressources en eau du bassin".
Le projet vise particulièrement la sauvegarde et l'amélioration de la qualité
des ressources en eau, la préservation de l'environnement et l'amélioration de
l'hygiène des populations ciblées, précise l'agence du bassin hydraulique de l'Oum
Errabie (ABHOER).
Il concerne trois régions. A Tadla-Azilal, la dépollution bénéficiera aux
centres d'El Ksiba (Beni Mellal) et Afourer, Demnate et Ouaouizeght (Azilal).
Dans la région de Chaouia-Ouerdigha, la région ciblée est celle d'El Brouj et à
Abda-Doukkala, la dépollution concernera les régions d'Echemaia et Youssoufia.
Les études d'assainissement liquide de ces centres sont en cours de réalisation
et à un stade avancé, souligne l'ONEP.
Selon l'Agence, le projet revêt une importance extrême puisque certains centres
rejettent dans des lacs naturels (Chemaia), d'autres risquent de polluer la
nappe comme c'est le cas de Youssoufia.
Lors de leur séjour, les experts de la Banque mondiale ont visité les sites
concernés pour évaluer l'impact sur le milieu récepteur et la pertinence des
projets d'assainissement programmés par l'ONEP.
Il s'agit du 2ème projet initié par la Banque mondiale dans la zone d'action de
l'ABHOER.
Grâce à un don japonais de 1 million de dollars, la BM lancera également un
projet de minimisation de la pénurie de l'eau lié aux changements climatiques
dans la région.
Cinq axés ont été retenus pour la réalisation de ce projet qui démarrera après
l'échange de signatures en mars prochain.
Ces axes portent sur l'étude de l'impact des changements climatiques et
l'établissement du bilan des ressources en eau au niveau du bassin, ainsi que le
développement d'un plan d'action relatif aux événements extrêmes tels que la
sécheresse et les inondations.
Les efforts se concentreront aussi sur la mise en place d'une stratégie de
communication à l'adresse de l'usager et du grand public et sur la conception et
la mise en œuvre d'un système de télégestion de la branche du barrage Al
Hansali-Al Massira en vue de maîtriser les volumes d'eau fournis à chaque
usager, de cerner les pertes d'eau et d'assurer une gestion des ressources en
eau en temps réel de cette branche hydraulique déficitaire.
Le projet concerne aussi la mise en place d'un système de pilotage et de
contrôle pour une meilleure gestion des nappes phréatiques du Tadla, la mesure
automatique des niveaux piézométriques de la qualité d'eau et l'installation de
compteurs volumétriques. Cette composante prévoit également l'élaboration d'un
manuel de procédure lié aux activités de la police d'eau et de la gestion des
ressources en eau.
La zone d'action de l'agence du bassin hydraulique d'Oum Errabie s'étend sur
48.070 km2, soit 7% de la superficie du Royaume.
MAPF